Actions détaillées pour bilan des compétences Equal 

Actions depuis 1996 :

Auprès des élèves ordinaires

Après avoir répondu aux différentes questions des enfants dans la cour d’une école, je me suis dit qu’il faudrait faire un cours plus structuré pour apporter des réponses et des informations cohérentes à un public qui n’avait aucune base théorique sur l’autisme. J’ai donc monté un cours pour une classe de CE1. J’ai simplifié mon langage pour que les enfants (âge : 8 ans) puissent comprendre ce que je voulais leur apprendre. Je leur ai donné des documents plus difficiles à comprendre mais avec le vrai vocabulaire sur ce handicap. Je leur ai donné avec les documents un lexique, que j’ai fait moi-même, et nous avons expliqué à partir du lexique les comportements d’un autiste. A la fin du cours j’ai gardé une bonne demi-heure pour les questions qui ont pu m’orienter vers ce qui était important pour eux de comprendre. Les questions ont été du genre : « Est-ce que Karl guérira un jour ?, Comment peut-on devenir autiste ? », Je me suis aperçue tout d’abord que l’avenir de mon fils leur faisait souci, et ensuite qu’ils ne souhaitaient pas être autistes un jour. Je les ai bien sûr rassurés sur le sort de mon fils, qui irait de mieux en mieux grâce à tout ce qu’ils faisaient pour lui, et sur leur risque nul de devenir autiste un jour puisque c’est un handicap qui découle du terrain génétique des parents.  

J’aurai voulu faire d’autres cours dans d’autres classes dans cette école mais, à part la classe de mon fils, la directrice ne voyait pas en quoi les autres auraient aussi besoin de cette information. Avis que je n’ai pas discuté à l’époque.  

Cette année je donne un cours beaucoup moins théorique au collège de mon fils, dans toutes les 6èmes et 5èmes du collège (10 en tout). L’idée m’est venue quand je me suis aperçue que les adolescents ne se faisaient pas de cadeaux et que les deux enfants autistes du collège (mon fils en 6ème et un autre garçon de 14 ans en 5ème) en pâtissaient dans la cour de récréation. J’ai monté ce cours avec des documents américains par rapport à la cour de récréation. Je leur explique d’abord que je vais leur apprendre un 6ème sens qu’ils ne connaissent pas. Je leur demande de m’énumérer les 5 sens qu’ils connaissent et je m’arrête un peu plus longtemps sur les deux sens intéressants en ce qui concerne les handicaps : l’ouïe et la vue. Nous cherchons ensemble ce qu’apportent ces sens et ce qui peut aider les personnes qui en sont dépourvus. Puis je vais faire faire 3 petits exercices aux élèves, exercices pratiques, pour qu’ils découvrent le sens social (6ème sens)

que nous avons tous naturellement et automatiquement mais que les enfants autistes n’ont pas. Je leur explique qu’il faut apprendre ce sens automatique (chez nous) aux enfants autistes. J’écris au tableau, en encadrant bien les 3 perceptions qui font défaut chez les enfants autistes. Puis nous cherchons ensemble ce que nous pourrions trouver comme aides par rapport à ce sens social qu’ils n’ont pas.

A ce cours assistent le professeur principal de chaque classe et d’autres profs que ça intéresse.

Deux choses sont révélées aux professeurs principaux :

      1 – Les élèves qui ont ce handicap (autistes légers), c’est-à-dire ceux qui ne comprennent pas un exercice en particulier (qui met en évidence l’autisme) et qui sont troublés par la ressemblance avec leur problème (confirmé par le prof qui ne savait pas non plus que cela pouvait être de l’autisme) 

      2 – Les « cancres » ou « non scolaires » qui d’habitude ne participent pas et perturbent la classe et qui, à mon cours, participent intelligemment et s’intéressent énormément en posant des questions pertinentes. Ces élèves vont être regardés par les profs ensuite d’un autre œil. Leur intelligence non scolaire est mise en évidence.

Auprès des enseignants

Au cours des années de scolarité de Karl j’ai formé à l’autisme les institutrices qui l’ont eu, en les voyant tous les jours et en les dirigeant régulièrement par rapport aux activités qu’elles devaient lui faire faire.

Le CNEFEI m’a demandé ensuite d’intervenir en témoignant de mon expérience par rapport à l’intégration scolaire d’un enfant autiste. Je ne donnais donc là aucun cours sur l’autisme proprement parlé mais je me raccrochais à ce que les enseignants avaient entendu sur l’autisme aux cours précédents pour leur apporter le savoir-faire d’une intégration réussie. J’ai demandé à Christine Philip, formatrice au CNEFEI, de m’envoyer les avis des enseignants qui ont suivi ce cours et son analyse à elle (à froid).

J’ai eu l’occasion à maintes reprises d’aider les enseignants de différentes écoles suite à une demande des parents de l’enfant autiste en question.

Auprès des politiques

Je me suis mis aussi à préparer un dossier sur l’autisme pour en parler aux différentes personnes politiques de mon département afin que ces enfants puissent aller à l’école et y être accueillis correctement. Je suis allée voir les maires de différentes communes, puis des sénateurs et des députés. A chaque fois je leur ai fait un « mini-cours » sur l’autisme, qu’ils ont trouvé très intéressant. Puis certains ont pu intervenir auprès de directrices d’école pour appuyer une intégration. En parallèle j’allais à l’école pour aider l’institutrice. Je continue à faire ce travail mais maintenant un peu plus loin que mon département. Je suis allée dans le Val d’Oise et en Indre-et-Loire dernièrement. Les résultats sont toujours bénéfiques pour l’enfant.

Je fais partie depuis octobre 2002 des réunions interministérielles sur les nouveaux AVS qui vont devenir des Assistants d’Education.

Auprès des familles

Je suis sollicitée régulièrement par des familles qui, soit ont besoin de me parler simplement, ou qui ont besoin que j’intervienne chez eux pour leur montrer ce qu’ils peuvent faire avec leur enfant pour le faire progresser. Je fais cela depuis 5 ans. Avec certaines familles je suis plus une assistante sociale, c’est-à-dire que je vais aussi faire des lettres pour l’aider à demander un logement ailleurs, ou je vais lui porter des vêtements et des cassettes video pour ses enfants. Avec d’autres familles je vais plutôt leur montrer comment mettre en place un calendrier, ou des jeux éducatifs.

Pour ces enfants qui ne pouvaient aller à l’école sans aide, je me suis servie de la loi sur les emplois-jeunes pour créer un service d’AVS (Auxiliaires de Vie Scolaire). Je suis donc aller à la direction du travail et j’ai déposé un dossier de demande d’emploi jeune en décrivant bien les postes que je demandai. En 2000 j’ai commencé avec deux postes. J’ai passé une annonce à l’ANPE et j’ai recruté. J’ai fait moi-même les entretiens d’embauche et ensuite la formation dans l’autisme pour ces deux jeunes. Je les ai « imposés » aux deux écoles où les enfants étaient déjà et nous avons fonctionné comme ça jusqu’à Noël où l’Inspection n’a pas pu les mettre dehors et m’a demandé de légaliser ces postes en signant avec elle une convention. Ce qui a été fait. J’ai refait une demande de postes en 2001, puis un avenant pour deux postes supplémentaires, puis encore une demande. J’ai obtenu en tout 12 postes. Actuellement 10 postes sont pourvus pour 13 enfants autistes. (Voir annexe sur le service d’AVS). 

J’assiste les familles à différentes réunions de CCPE dans les Yvelines, dans le Val d’Oise, et en Indre-et-Loire. C’est-à-dire que j’explique aux secrétaires de CCPE et aux inspecteurs et inspectrices ce qu’il faut faire pour intégrer au mieux l’enfant, en m’adaptant à chaque enfant. Je donne des informations pratiques pour l’institutrice et des informations plus générales sur l’autisme pour les inspecteurs.

Auprès des parents d’élèves des écoles

Je suis rentrée dans l’association des parents d’élèves des écoles libres (A.P.E.L.) en 1993. J’ai été responsable J.E.D. (Jeunes Et leurs Difficultés). Au sein de cette commission j’ai organisé des conférences dans l’école de mes enfants sur « les problèmes de sommeil de l’enfant », « les enfants précoces », « le syndrome d’Asperger ». Je suis allée aux différentes commissions d’appel à la Direction Diocésaine des écoles libres pour statuer sur des dossiers d’enfants que l’on voulait faire redoubler ou changer d’école. J’ai assisté à différentes journées de formation sur différents problèmes dans le cadre de la commission JED (dyslexies, enfants précoces..). J’ai surtout participé à deux journées de formation où j’étais du côté des professionnels pour l’atelier « Intégration scolaire des enfants handicapés ». J’étais accompagnée d’un responsable dans les écoles privées de l’intégration des handicapés et nous nous sommes partagés la formation donnée aux parents des A.P.E.L. nationales, responsables J.E.D. 

Bonnes pratiques pour une intégration réussie

Présentation Scolarisation et autisme (PowerPoint)

Histoire de Karl

Livres sur l'Autisme 

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